| Lundi à Genève, notre campagne « Dirty Diesel » s’est achevée avec succès. Le conteneur rempli d’air pollué de la capitale ghanéenne, Accra, a été livré devant les bureaux de Trafigura, avec près de 20 000 signatures. Par ce « Retour à l’expéditeur » symbolique, Public Eye a invité encore une fois le négociant à cesser de produire et de vendre en Afrique des carburants de mauvaise qualité, très polluants. La campagne menée par Public Eye et ses partenaires africains a provoqué de vives réactions dans de nombreux pays et des changements politiques sont déjà en marche, en particulier en Afrique. Sous la pression publique, le gouvernement ghanéen a annoncé l’adoption de normes plus strictes : dès mars 2017, la teneur en soufre autorisée pour le diesel importé sera réduite de 3000 à 50 parties par million (ppm). Cette décision essentielle ouvre la voie aux autres gouvernements d’Afrique de l’Ouest, qui se rencontreront en décembre au Nigeria afin d’empoigner cette question.
Vous vous demandez sans doute comment a réagi le géant du négoce Trafigura au cours de l’opération « Retour à l’expéditeur ». Si la société genevoise a accepté de recevoir la pétition, elle continue de se cacher derrière le respect des lois en vigueur dans les pays où elle opère. Tout comme Vitol, Addax & Oryx, Mercuria et Glencore, également concernées par les révélations de notre enquête. Faire passer le profit avant tout, au détriment de la santé de millions de personnes, n’est pas une attitude responsable.
Avec ses partenaires en Afrique, Public Eye poursuivra son combat contre les carburants toxiques. Notre campagne montre une nouvelle fois la nécessité d’instaurer des règles juridiquement contraignantes pour que les sociétés suisses respectent les droits humains, aussi dans leurs activités à l’étranger. C’est le but que poursuit Public Eye en Suisse, dans le cadre de l’initiative pour des multinationales responsables. |